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La tradition liturgique examinée dans cet article émane de la communauté dite des Maîtres célestes, première organisation ecclésiastique du taoïsme, qui perdure depuis le deuxième siècle apr. J.-C. jusqu'à nos jours. Au cœur du programme liturgique circonstancié de la communauté primitive, le rituel de présentation de requêtes est un modèle adaptable à tous les besoins. Le manuel normatif de requêtes recueillies et transmises à l'usage de générations de prêtres est l'« Almanach de requêtes du Maître Chisong ». Cet Almanach nous donne une vue panoramique de la pratique rituelle, des conditions matérielles et des croyances religieuses de la société médiévale chinoise. Véritable livre de prières, l'ouvrage plonge le lecteur dans l'intimité des paroles prononcées au cours de rituels historiques, où le fidèle expose ses souffrances et ses détresses aux dieux. Les thèmes des requêtes vont du plus ordinaire au plus poignant : contrariétés domestiques, sortilèges et malédictions, invasion des champs par des rats et des sauterelles, sécheresse, brigands, incendie, guerre, accouchement, maladies, obsèques, salut des défunts. Le taoïsme développe son rituel de présentation de requêtes, « remède salutaire pour l'humanité », dans le même temps où les rites bouddhiques pour le rachat des morts gagnent du terrain en Chine. La conception bouddhique de la transmigration se trouve en conflit avec le culte aux ancêtres et les croyances chinoises relatives au destin des défunts. Il en résulte, selon la thèse de cet article, un désaccord évident entre pratiques rituelles et théories traditionnelles tant dans les textes liturgiques que dans les documents funéraires fournis par l'archéologie.