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En 2000, les structures à hautes résolutions des deux sous-unités ribosomiques ont finalement été mises à la disposition du public. L'année suivante, la structure aux rayons X de l'ensemble du ribosome bactérien a été publiée. Ces grandes réalisations ont ouvert une nouvelle ère dans l'étude des mécanismes de la synthèse des protéines. Dès lors, il est devenu possible de relier différents aspects de la fonction du ribosome à des éléments particuliers de sa structure tertiaire. L'établissement de la relation structure-fonction peut toutefois être problématique en raison de l'immense complexité de la structure du ribosome. En d'autres termes, pour que les données cristallographiques sur la structure tertiaire du ribosome soient vraiment utiles à la compréhension du fonctionnement du ribosome, ces données devraient elles-mêmes faire l'objet d'une analyse approfondie. Le travail, présenté ici, peut être vu comme une tentative de ce genre. En appliquant l’analyse systématique des structure cristallographiques du ribosome disponibles, nous avons essayé de résoudre deux problèmes fondamentaux de la biologie ribosomale concernant (1) la nature des réarrangements du ribosome qui ont lieu à différentes étapes de son cycle de fonctionnement et (2) la possibilité de reconstitution de l'évolution du ribosome du monde-à-ARN jusqu’à nos jours. Dans le premier projet, nous avons systématiquement comparé les structures du ribosome disponibles et de sa sous-unité afin d'identifier les domaines rigides, qui ont toujours la même conformation, et les régions flexibles dont la conformation peut varier d'une structure de ribosome à une autre. Il y a deux types de réarrangements structuraux connus dont nous voulions comprendre les mécanismes: le « ratchet-like movement » et la «fermeture de domaines ». Le premier a lieu au cours de la translocation du ribosome et est plus ou moins perçu comme une rotation d'une sous-unité par rapport à l'autre. Le deuxième se produit dans la petite sous-unité et est associé à la reconnaissance codon-anticodon au site A. La comparaison des conformations ribosomales disponibles a révélé les mécanismes spécifiques des deux réarrangements. Bien que la sélection de l'aminoacyl-ARNt appropriée au site A et la translocation du ribosome n'ont jamais été considérés comme ayant quelque chose en commun, nous démontrons ici que les réarrangements de la structure des ribosomes associés au premier processus répète les réarrangements associés au deuxième mais dans l’ordre inverse. En d'autres termes, pendant le cycle d'élongation, la fermeture de domaine et le « ratchet » peuvent ii être considérés comme un mouvement de va-et-vient, qui renvoie finalement le ribosome à sa conformation initiale. Dans le second projet, nous avons fait une tentative de reconstitution de l'évolution de l'ARNr 23S, du monde-à-ARN jusqu`à nos jours. Ici nous nous sommes basés sur la supposition que l'évolution de cette molécule a procédé par des insertions aléatoires des régions relativement courtes dans différentes parties de la chaîne poly-nucléotidique. Pour cela, nous avons élaboré des critères de l'intégrité de la structure ribosomale et présumé que lors de l'évolution, la structure du ribosome s’est toujours adaptée à ces standards. Nous avons examiné l'interaction de type A-mineur, un arrangement fréquent dans la structure de l’ARN ribosomique, constitué d'un empilement d’adénosines non-appariées, attachées à une double hélice. Nous avons supposé que dans toutes les interactions A-mineurs existantes dans le ribosome, la double hélice est apparue avant ou au moins simultanément avec la pile d’adénosines correspondantes. L'application systématique de ce principe à la structure tertiaire de l’ARN 23S a permis d'élucider de manière progressive l'ordre dans lequel les parties différentes de l’ARN 23S ont rejoint la structure. Pris ensemble, les deux projets démontrent l'efficacité de l'analyse systématique in-silico de la structure tertiaire du ribosome et ouvrent la voie à de futures découvertes.