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io) utile aux entomologistes.Nos systèmes et nos méthodes, ainsi quetoutes les productions humaines , varient nécessairement suivant les idées particulières et les talens de leurs auteurs; mais lorsque ces distributions re- posent sur une grande masse de faits, la science en retire nécessairement du fruit.J'aurai donc, en exposant le résultat de mes expériences et de mes longues études, at- teint une partie de mon but.Ma conscience me rend ce témoignage que , plus les obser- vations étoient délicates ^plus je cherchois à éviter les surprises, et que j'ai fait tous mes efforts pour ne rien avancer dont je ne pusse garantir l'exactitude.Je ne prétends pas cependant qu'il ne me soit échappé quelque inadvertance ; il est bien difficile de s'en préserver , lorsqu'on examine des objets microscopiques , et surtout lorsqu'il s'agit de supputations numériques de leurs par- ties , où l'illusion est encore plus dange- reuse.J'ai trouvé de plus grands écueils dans l'arrangement et la' rédaction des faits.Les matériaux que j'avois rassemblés étoient trop considérables pour ne pas fatiguer, je dirai plus , accabler mon esprit.Comment ( '5) des ailes.La plupart des naturalistes modernes ont généralement désigné ces ani- maux sous le nom d'insectes, et les ont di- visés en ailés et aptères.Examinons main- tenant s'ils appartiennent tous à une seule et même classe.D'abord les aptères, ou ceux qui n'ont point d'ailes, s'éloignent des autres, par ce caractère privatif.Ils nous présentent eux- mêmes, au premier coup-d'oeil , des dispa- rités assez choquantes, et qui nécessitent également deux autres divisions.Les uns sont cuirassés ou recouverts d'une croûte dure , épaisse , en partie calcaire , d'une sorte de têt; ils ont le plus souvent quatre antennes et dix pâtes, dont la première est souvent très-grande et en forme de bras.Ces animaux , appelés suivant leurs sortes , crabes , écrevisses , homards , crevettes, etc. , sont aquatiques.Nous les comprenons sous le nom général de crustacés.Les autres aptères n'ont, ordinairement, que des tégumçns minces ou peu solides.Les mieux partagés sous ce rapport diffè- rent cependant des crustacés par la forme étroite, très-longue du corps et par le nombre considérable des pâtes, dont il est muni (.6) dans toute sa longueur.Ceux dont l'enve- loppe extérieure est peu défendue , et qui forment , comme je viens de le dire , la ma- jorité de ces derniers animaux aptères , n'ont pas d'antennes.Le nombre de leurs pâtes ne va pas au-delà de huit.Ils ont souvent plus de deux jeux , et ces organes sont très-petits et lisses.Ces aptères que nous séparons des crustacés , renferment les mille -pieds , les scorpions , les araignées , les faucheurs , les mites, etc. Afin de nous entendre , cette seconde division Conservera le nom d'arachnides que lui a imposée M. Lamarck.Depuis Aristote jusqu'à Linnasus , les zoologistes non -seulement distinguèrent les crustacés des insectes , mais ils leur assignè- rent même, dans leurs distributions, une telle antériorité d'ordre, qu'ils lesplaeoient entre certains mollusques nus ou céphalo- podes ( mollia ) , tels que les sèches , les poulpes, et les mollusques à coquille (les- tacea ).Ils réunissoient les arachnides avec les insectes aptères , qui composoient leur seconde et dernière section de cette classe.Prenant pour base de sa méthode les déve- îoppemens successifs ou les transformations ( «8) qu'on peut prendre pour leurs ouïes ».Mém.pour servir à Vhistoire des insectes 3 tom. 2 , pag.147.Il s'explique plus positivement encore , clans sa description de l'éerevisse de rivière ( Ibid.tom.7 , pag.181).Cet illustre naturaliste et Roesel , sans parler de quelques auteurs plus anciens , avoient découvert le système veineux du même crustacé.Swammerdam nous avoit aussi donné l'anatomie d'une autre espèce de crustacé , celle du Bernard l'hermite, et l'existence d'un principe de circulation clans cette classe d'animaux étoft ainsi bien cons- tatée.Si l'on eût profité de ces observa- tions, et si on les eût comparées avec celles de l'inimitable Lyonet et de quelques autres zootomes, on n'eût peut-être pas confondu dans une même classe des animaux si differens quant aux principaux organes de la vitalité.Un auteur peu connu parmi nous , ou du moins peu cité , Lefrancq de Berkley , qui a publié en bollandois une histoire géogra- phique , physique, naturelle et civile de la Hollande , ouvrage dont il a paru en 1782 (Bouillon) unetraductionfrançoise , chan- gea le premier à cet égard la distribution («9> Lînnéenne.Il fit un classe particulière des crustacés et la reporta immédiatement avant celle des insectes.Mais outre qu'il ne carac- térise ses coupes que d'une manière compli- quée, vague et souvent insignifiante, il s'éloigne de l'ordre naturel , en faisant des- cendre les testacés au-dessous des insectes , de sorte que les crustacés succèdent sans intermédiaire aux poissons osseux.De bonnes vues, mais qui ne sont point étayées par des raisons solides et lumineuses , con- courent peu à l'avancement de nos connois- sances.Il étoit réservé à M. Cuvier d'opérer dans la zoologie , et plus spécialement encore dans la distribution des animaux inverté- brés , une heureuse révolution.Ses pré- cieuses découvertes anatomiques nous ont permis de fixer la graduation de l'échelle animale , suivant les lois que la nature a posées.Dans son tableau élémentaire de l'histoire naturelle des animaux , ouvrage qui fait époque , il commence la classe des insectes par les crustacés et les arachnides.Il dit, pag.449, que les écrevisses et autres genres voisins ont un coeur musculaire , et qu'on ne voit rien de semblable dans les autres animaux de la même classe ; ceux-ci ont simplement le long du dos un vaisseau , divisé en plusieurs étranglemens, et dont la liqueur, par l'effet d'une contraction alter- native, va et vient d'une extrémité à l'autre, sans circulation néanmoins > à raison du défaut de branches ou de veines.Cet organe est ce qu'on appelle le vaisseau dorsal.M. Cuvier remarque encore que les crus- tacés sont les seuls des insectes qui aient des branchies.On ne pouvoit laisser, dans la même classe , des animaux si disparates sous ces rapports d'organisation.Aussi, M. Lamarck, dans ses leçons publiquessur les animaux invertébrés» qu'il donna en l'an 7, et M. Cuvier peu de temps après (Leç.d'anat.comp., tom.I, an.8), formèrent-ils une classe particulière des crus- tacés.Tous ceux qui aiment la méthode na- turelle approuveront ce changement , et désormais les crustacés seront séparés clas- siquement des insectes, et auront le pas sur eux , comme ayant une organisation plus parfaite ou plus rapprochée de celle des animaux qui les précèdent.M. Lamarck ne se borna point à cette réforme , çt les atrachnides devinrent;(II ) une classe liant les crustacés aux insectes* [System, des anim.sans vertèb.pag.171.)Les seuls caractères essentiels qu'il assigna d'abord à ces animaux furent : de ne point subir de métamorphoses et d'engendrer plu- sieurs fois dans leur vie.Mais depuis cette époque , M. Cuvier avant publié quelques observations anatomiqucs sur la circulation et la respiration des arachnides, M. Lamarck s'en est servi pour fortifier les caractères de cette classe et de la manière suivante : « Des stigmates et des trachées bornéespour la respiration ; une ébauche de circulation ».( Philos zool.tom.I, pag. 006. ) L'ancienne classe des insectes est ainsi simplifiée et réduite à ceux qui ont des ailes.Certes, je n'eusse pas hésité un seul instant à suivre l'o- pinion d'un naturaliste si célèbre, qui m'honore depuis long-temps d'une tendre amitié , et auquel je dois autant de déférence que de gratitude, si plusieurs difficultés ne m'avoient pas forcé dans le principe à suspendre mon jugement.De crainte qu'on ne me soupçonne de prévention , je les exposerai avec cette franchise qui convientà un homme droit, et qui , dans la recherche de la vérité, se dégage de tout intérêt et de toute aHèc-(") tion personnelle.Qu'on veuille me permettre une discussion qui répandra peut-être du jour sur cette matière.Je rapporterai plu- sieurs observations ignorées ou méconnues.Il en résultera que la classe des arachnides peut être conservée , mais qu'on en doit modifier les caractères.Presque tous les naturalistes ont avancé que les insectes aptères n'éprouvoient point ces mutations de formes , qu'on nomme métamorphoses.N'ayant pas moi-même, dans des temps plus antérieurs » suffisamment approfondi ce sujet , j'ai partagé le sen- timent commun.Il n'est donc pas surprenant que M. Lamarck ait fait usage d'un caractère si généralement reçu ; mais la lecture bien suivie des bellesobservations de De Géer, les miennes propres m'ont détrompé.L'expérience nous a appris que la nature , nuançant toutes ses opérations , a aussi varié les métamorphoses des insectes.Ces trans- formations deviennent moins extraordinaires à mesure qu'elles se rapprochent du mini- mum qui leur a été fixé.Dans les diptères et les lépidoptères, par exemple, l'insecte en état de larve est si différent de ce qu'il sera à son dernier âge., qu'il faut avoir suivi (»3) Je cours de ses mutations, pour être per- suadé que c'est toujours le même animal.Mais les sauterelles , les punaises , etc. , ont dans tous les temps une identité de formes, et les seuls changemens qu'elles éprouvent ne consistent que dans une augmentation de volume et le développement insensible de leurs ailes.Les entomologistes ont été conséquemment obligés de distinguer plu- sieurs sortes de métamorphoses, et de leur assigner des noms particuliers.Prouvons que les arachnides ont , en général , la même destinée ; que leurs transformations sont simplement moins frappantes, etplus passa- gères , c'est-à-dire qu'elles s'effectuent dans un temps beaucoup plus limité, proportion- nellement à la durée de l'animal.La der- nière métamorphose de l'insecte ailé est aussi le dernier terme de sa vie ; les arach- nides au contraire ont acquis une forme constante , bien long-temps avant leur mort.Citons des faits.On n'en révoquera pas, j'espère , la certitude , puisque je les puiserai dans les mémoires d'un observateur aussi exact que notre Réaumur ,ceux deDeGéer, son digne émule.Il s'est assuré que les clo- portes aselles ont à leur naissance un anneau (33) La formation des ordres et leurs rapports vont maintenant fixer notre attention.1 1 .Distinction et affinités des ordres, i. Classe des crustacés.Les genres cancer et monoculus de Lirinaeus composent la classe des crustacés, et formeront dans notre méthode deux ordres : les malacos tracés et les èntomostracés.Ces ordres répondent, à quelques transpositions près et un peu plus d'étendue , à ceux que M. Lamarck désigne sous les noms de pédioclés etsessiUocles\)'a\ dit un peu plus d'étendue, parce qu'il y joint les oniscus de Linnaeus.Ce dernier naturaliste n'avoit présenté dans cette classe, comme dans les autres, que de grands aperçus , suffisans alors pour l'état de la science.Les travaux de Miïller, de Daldorrr", de Fabricius , etc., ont telle- ment perfectionné la classe des crustacés , qu'elle renferme cinquante et quelques gen- res.Tous ceux qui dérivent du genre primi- tif cancer ont évidemment une identité gé- nérale de conformation , et se lient très-bien (35)Ces animaux singuliers et qui sont pour la plupart microscopiques, tiennent aux malacostracés et aux arachnides ; quelques-uns même se rapprochent des insectes hémip- tères par une sorte de bec , renfermant un suçoir et qui compose leur bouche.Les limules, les ealiges ont des branchies isolées et bien distinctes ; mais nous n'avons pas de certitude sur la place qu'elles occupent dans plusieurs genres.On présume seulement que ces filets, ces barbes, ces appendices , en un mot, dont leurs pâtes sont garnies, en font les fonctions : quelles seroient , en effet , les autres parties auxquelles ou pourroit attri- buer un tel usage ?Fabricius , malheureusement trop do- miné par son esprit de système , a mis un grand intervalle entre les limules et les mo* nocles.Ceux-ci sont associés aux oniscus , dans l'ordre des polygonates ; ceux-là vont se réunir avec les cancers brachyures , et terminent l'ordre des kleistagnathes.Il est clair que la nature repousse une distribution semblable , et des remarques critiques sont superflues.