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En France, l’augmentation de l’incidence du cancer du sein (CS) chez les femmes de 40 ans et moins est à contrario associée à une diminution de la mortalité. Cette amélioration de la survie pose la question de l’amélioration des conditions de vie des survivantes jeunes.Ces femmes sont diagnostiquées à un âge où elles sont en plein essor professionnel et n’ont souvent pas encore construit leur vie de famille. Ainsi, une fois les traitements terminés, elles doivent reprendre leur vie et faire face à des problèmes tels que la sexualité, la fertilité et le retour au travail qui peuvent affecter leur qualité de vie (QdV). De plus, avec l’augmentation croissante du nombre de femmes jeunes qui survivent à leur cancer, il s’avère nécessaire d’explorer le vécu de la maladie par ces femmes et recueillir les besoins qu’elles jugent prioritaires, et ce depuis le diagnostic jusqu’à l’après-cancer afin de les intégrer dans leur prise en charge. Par ailleurs, les conditions de vie (sexualité, fertilité et QdV) dans l’après-cancer des femmes jeunes diagnostiquées pour un CS en France ont été peu étudiées.Ce travail de thèse à méthodologie mixte associant un volet quantitatif et un volet qualitatif avait pour objectifs :- d'étudier les conditions de vie dans l’après-cancer des femmes jeunes diagnostiquées pour un CS en France et plus précisément d’identifier les facteurs associés à la sexualité, la fertilité et la QdV de ces femmes ;- d’identifier les aspects jugés prioritaires par ces femmes dans leur prise en charge, les besoins de soutien non satisfaits en général et en particulier en termes de sexualité et de fertilité.Les travaux réalisés ont montré qu’environ 8 ans après le diagnostic, une femme sur deux ne présentait pas de dysfonction sexuelle et 20% des femmes avaient une fonction sexuelle très altérée. Les facteurs associés à la dysfonction sexuelle étaient la dépression, la ménopause, la fatigue, le traitement par hormonothérapie, l’insatisfaction en lien avec le soutien social perçu et la proximité du diagnostic.La dysfonction sexuelle était associée aux composantes mentale et sociale de la QdV. Le stade au diagnostic du CS et les traitements n’avaient pas d’impact sur la QdV à long terme des jeunes survivantes d’un CS. Les autres facteurs associés à une moins bonne QdV étaient le surpoids ou l’obésité, les comorbidités, la précarité, l’anxiété, la dépression, l‘absence de soutien social.Le projet de grossesse au diagnostic était un facteur favorisant l’information des femmes sur le retentissement des traitements sur la fertilité et la mise en place d’une préservation de la fertilité. Cependant, peu de femmes ont eu accès à la préservation de la fertilité au diagnostic.Nos travaux ont également montré que la détresse psychologique des femmes persistait des années après la fin des traitements et les femmes ont exprimé le besoin d’un renforcement de l’accompagnement psychologique dans l’après-cancer. Les autres principaux besoins non assouvis par les femmes concernaient l’accompagnement paramédical (esthétique, diététique, etc.) et un meilleur remboursement de ces soins pour améliorer leur image corporelle, retrouver leur féminité et regagner confiance en elles.Même si nos résultats sont à interpréter au regard de la période de diagnostic des femmes de l’étude, des efforts restent à faire concernant l’information des femmes sur l’impact des traitements sur la fertilité, la préservation de la fertilité, la sexualité et les séquelles des traitements. La démocratisation des centres de réhabilitation serait souhaitable. De plus, des interventions spécifiques en soins de support (accès aux spécialistes adéquats, soutien psychologique) chez ces femmes jeunes permettraient de mieux gérer leurs dysfonctionnements sexuels et problèmes de fertilité afin d’améliorer leur QdV et leur vécu de l’après-cancer.