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Le déclin mondial des populations de chondrichtyens souligne la nécessité d'améliorer les connaissances sur les espèces présentes dans les eaux des Antilles françaises (AF) afin de mettre en place des mesures de conservation efficaces et adaptées aux spécificités locales. Cette première évaluation compile les données issues de dix années de suivis scientifiques et de programmes de sciences participatives menés à travers les AF. Entre 2014 et 2024, un total de 41 espèces de chondrichtyens a été recensé, comprenant 31 espèces de requins, neuf de raies et une chimère, confirmant ainsi les AF comme un véritable hotspot de bio-diversité pour ce groupe taxonomique. De cette diversité remarquable, 51,2 % des espèces recensées sont classées comme menacées sur la Liste rouge de l'UICN au niveau mondial, soulignant leur vulnérabilité. Les espèces côtières et océaniques, avec respectivement 68,4 % et 73,3 % des espèces inscrites sur la Liste rouge de l'UICN à l'échelle mondiale, sont particulièrement exposées aux pressions anthropiques telles que la dégradation des habitats, la surpêche et le changement climatique. Les Antilles françaises jouent un rôle clé dans la conservation des requins et des raies en fournissant des habitats essentiels à différentes étapes de leur cycle de vie. Plusieurs nurseries côtières ont été identifiées pour des espèces telles que le requin de récif des Caraïbes (Carcharhinus perezi), le requin citron (Negaprion brevirostris) et le requin nez-noir (Carcharhinus acronotus) tandis que l'observation de femelles gestantes et de juvéniles d'espèces océaniques confirme l'importance écologique de ces eaux (incluant le requin océanique, Carcharhinus longimanus, le requin marteau halicorne, Sphyrna lewini, et le requin soyeux, Carcharhinus falciformis). Il semble essentiel de poursuivre et de prioriser les efforts d'acquisition de connaissances sur l'ensemble des milieux marins, qu'ils soient côtiers, océaniques ou profonds. Une meilleure compréhension de la bio-diversité présente dans les eaux territoriales des AF est indispensable pour évaluer l'état de conservation des populations de chondrichtyens. Cela implique non seulement de documenter les espèces présentes et leur distribution, mais également d'essayer de suivre l'évolution de leurs populations dans le temps. Par ailleurs, une attention particulière doit être portée à l'étude des interactions entre ces espèces et les activités humaines, notamment les pêcheries professionnelles et récréatives, mais aussi le développement d'activités touristiques en mer. Une meilleure connaissance de ces interactions permettra d'identifier les mesures les plus appropriées pour réduire les pressions locales, notamment en matière de captures accidentelles, de perturbations ou de dégradations des habitats. La mobilisation des acteurs locaux, en particulier des pêcheurs et des opérateurs touristiques, demeure primordiale pour la réussite des actions de conservation. Leur implication active dans les programmes de suivi, de sensibilisation et de gestion contribuera à une meilleure appropriation des enjeux et à l'adoption de pratiques plus durables.