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La fouille du 20 rue Cujas a permis d’appréhender, sur une surface de 255 m2, une succession d’occupations qui illustre la dynamique urbaine sur le versant nord-ouest de la Montage Sainte-Geneviève à partir de la période augustéenne. La première occupation du site est d’abord illustrée par des creusements. Dans la zone sud, la présence d’une extrémité de fossé est importante car son orientation va être conservée par toutes les constructions ultérieures. Dans un deuxième temps, mais toujours à la période augustéenne, un premier réseau viaire orienté nord-sud est installé au nord-est de l’emprise. Un autre axe, orienté perpendiculairement, est mis en place toujours dans la zone nord. Une possible intersection avec l’élément viaire précédent n’a pas été détectée. Côté ouest, une chaussée perpendiculaire se développe vers le nord tandis qu’au sud du site, une activité de forge a été détectée. Toujours à la période augustéenne, l’abandon de l’axe de circulation nord-sud est marqué par l’installation d’une construction en matériaux périssables. Elle est remplacée par un nouvel élément viaire orienté est-ouest qui possède un retour vers le nord à son extrémité ouest. Nous l’interprétons ce nouvel axe comme une ruelle qui est installée à l’époque tibérienne. Elle est dotée d’un caniveau bordier construit en bois. L’entretien de la zone de circulation (40/70), s’effectue par recharges et s’accompagne de la mise en place de caniveaux successifs. Des constructions contemporaines de cet axe de circulation ont été mises en évidence au nord de celui-ci avec un mur de façade au droit de la ruelle. Le sud de l’emprise, accueille une construction qui a partiellement été dégagée. La période flavienne marque une rupture dans la zone nord, où aucun niveau ni aucune construction n’ont été mis en évidence alors que dans la zone sud, une nouvelle construction est installée. Cette lacune dans la sédimentation, que l’on ne retrouve pas dans la partie sud du site, traduit-elle une absence d’occupation ou une érosion ? Les vestiges de la phase suivante (120/170), sont également conservés au nord sous la forme de structures en creux. La construction de deux caniveaux maçonnés semble traduire une continuité du mode d’occupation. Dans le secteur sud, la période 170/270 voit la reconstruction de l’élévation du bâtiment et ensuite un apport de remblai sur une hauteur de 1 m. La récupération des maçonneries intervient dans un second temps. La période médiévale est illustrée par des vestiges datés des XIVe et XVe s. La présence de tessons du haut Moyen Âge, concentrée au nord-ouest de l’emprise, est à relever. Eu égard à l’emplacement de la fouille qui recouvre une partie du jardin du cloître, la découverte d’un puits à eau maçonné n’est pas surprenante. Plus surprenante est la découverte d’une sépulture perturbée. Dans la zone sud, un niveau s’intercale entre le sommet de la stratification antique et la base des terres à jardin (XVIIe s.). Une latrine a été identifiée. L’approche du jardin du cloître s’est faite de manière classique. Néanmoins, la reconnaissance fine de la stratigraphie a permis de distinguer des aménagements avec plusieurs états. La démolition du collège a pu être perçue à travers des couches de démolition qui ont livré du lapidaire médiéval. Des éléments ont également été découverts en remploi dans les maçonneries du XIXe s.