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La maltraitance perpétrée par les principales figures de soins engendre des conséquences sévères sur l’attachement de l’enfant qui risque ainsi de présenter un attachement insécurisant ou désorganisé. Or, la capacité de mentalisation de l’enfant en souffrirait également comme un attachement sécurisant serait propice au développement sain de la mentalisation. La présente recherche exploratoire vise d’abord à détailler et comparer les représentations d’attachement et la capacité de mentalisation entre les deux groupes à l’étude. Elle cible également l’exploration des liens unissant ces mêmes variables en considérant l’ensemble des enfants indépendamment de leur groupe d’appartenance. Les deux groupes sont respectivement composés de 35 enfants ayant vécu de la maltraitance et hébergés en contexte de protection de la jeunesse et de 38 enfants issus de la population générale, tous âgés de 7 à 12 ans. Les représentations d’attachement ont été évaluées à l’aide des Histoires d’attachement à compléter (HAC) et d’un entretien semi-structuré ( Child Attachement Interview [CAI]). Quant à elle, la capacité de mentalisation de l’enfant a été mesurée à partir des réponses de l’enfant à ce même entretien, grâce à l’échelle de cotation de la capacité de mentalisation. Les résultats révèlent des différences significatives entre les deux groupes d’enfants quant à la sécurité d’attachement envers la mère et la capacité de mentalisation. La capacité de mentalisation corrèle significativement et dans le sens attendu avec les mesures des représentations d’attachement à l’étude, à l’exception de l’échelle des HAC concernant les représentations de la mère comme étant rejetante et les échelles du CAI concernant la colère préoccupée envers la mère. Les enfants maltraités ont des représentations d’attachement davantage insécurisantes et une plus faible capacité de mentalisation. Ces résultats enrichissent la compréhension des besoins et des difficultés vécus par les enfants hébergés quant à ces variables et permettent d’ajuster les interventions mises en place. La présence de certaines limites est constatée comme notamment la petite taille de l’échantillon, le fait que les deux groupes d’enfants se distinguent significativement au niveau de l’âge et du sexe de l’enfant et le fait que deux variables ont été mesurées par un même outil. Les implications et les forces de l’étude ainsi que les pistes de recherches futures sont détaillées dans l’article. Abuse perpetrated by primary caregivers has severe consequences on the child's attachment, which may lead to insecure or disorganized attachment patterns. Moreover, the child's mentalizing capacity could also be affected, as a secure attachment would be associated with the development of mentalization. This exploratory research aims to describe and compare the attachment representations and mentalizing capacity between the two studied groups. It also aims to explore the links between these variables by considering all children regardless of their group. The two groups respectively consist of 35 children who have experienced maltreatment housed in youth protection facilities and of 38 children from the general population, all aged 7 to 12 years. Attachment representations were assessed using the Attachment Stories Completion Task (ASCT) and a semi-structured interview, the Child Attachment Interview (CAI). The child's mentalizing capacity was evaluated using the Mentalizing Capacity Rating Scale, which was applied to the child's responses to the same interview. The results reveal significant differences between the two groups of children in terms of attachment security towards their mothers and mentalizing capacity. Mentalizing capacity correlates significantly and in the expected direction with the measures of attachment representations under study, except for the ASCT's scale concerning representations of the mother as rejecting and the CAI's scales concerning preoccupied anger towards the mother. The results suggest that maltreatment has an impact on the development of insecure attachment representations and a lower mentalizing capacity. These results enhance the understanding of the needs and difficulties of children housed in youth protection facilities in relation to these variables, informing the adjustment of interventions they require. Several limitations are observed, including the small sample size, the significant age and sex differences between the two groups, and the fact that two variables were measured using the same instrument. The article discusses the implications and strengths of the study, as well as directions for future research.
Published in: European Journal of Trauma & Dissociation
Volume 9, Issue 4, pp. 100608-100608