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Ce travail prend sa source dans une expérience humaine vécue : celle d'une persistance sous contrainte, où continuer exige de conserver une infime marge de liberté pour ne pas s’éteindre, au sein d’une architecture cognitive coûteuse. Il s’enracine dans une trajectoire personnelle marquée par la perception précoce du pli, de la boucle et de la continuité, explorées d’abord par le dessin, la forme et le geste, avant tout langage formel. Tracer, plier, déplier, maintenir un passage entre intérieur et extérieur sans fermeture : ces opérations ont précédé toute conceptualisation, par choix de non-formalisme et par refus initial d’adhérer à un cadre contraint. La posture adoptée ici marque un déplacement : l’ouverture volontaire d’un cadre jusque-là refusé, celui d’une première formalisation mathématique. Ce rapport au monde par la forme, avant le calcul, relève d’une nécessité vitale : rester viable lorsque les cadres deviennent trop contraignants. Il s’agit, à l’origine, d’une dynamique de survie. La formalisation proposée décrit la cohérence comme l’état limite d’une persistance non triviale, observable lorsque quelque chose parvient à continuer sans se figer. Cette approche trouve des échos et des appuis dans les travaux de Francisco Varela et Humberto Maturana sur l’auto-organisation du vivant, dans les analyses de la réflexivité et des boucles cognitives proposées par Douglas Hofstadter, ainsi que dans les recherches d’Henri Laborit sur les systèmes soumis à forte contrainte et les régimes de lutte, fuite et inhibition. L’art, au sens de la sortie du cadre chère à Picasso, a constitué dès l’enfance un langage intermédiaire essentiel, permettant d’approcher la structure sans la réduire.