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RÉSUMÉ Introduction. La rage demeure une zoonose redoutable et endémique en République Centrafricaine, où elle constitue une menace permanente pour la santé humaine et animale. Malgré sa gravité, les données épidémiologiques actualisées sur la rage canine dans la capitale Bangui font défaut pour orienter efficacement les stratégies de contrôle. Notre étude visait à décrire le profil épidémiologique de la rage canine dans les différents arrondissements de Bangui entre 2021 et 2023. Matériel et méthodes. Nous avons réalisé une analyse rétrospective des dossiers des cas de rage canine et des morsures animales notifiés à la clinique vétérinaire de Bangui sur une période de trois ans. Les données démographiques, la distribution géographique et le statut vaccinal des chiens ont été systématiquement analysés, avec confirmation laboratoire par l'Institut Pasteur de Bangui. Résultats. L'étude a recensé 3 746 personnes mordues et 3 064 chiens mordeurs, dont 20,8% étaient des chiens errants. Parmi les chiens mordeurs suivis, 2 430 (79,2%) ont été mis en observation, avec un taux de vaccination de 63,8%. Le laboratoire a confirmé 26 cas de rage sur 40 échantillons testés (65%). Les jeunes de 10-19 ans représentaient la tranche d'âge la plus touchée (28,0%), suivis des 0-9 ans (25,3%). Le 4e arrondissement enregistrait le plus fort taux de morsures (19,6%), devant le 8e arrondissement (16,5%). L'analyse temporelle a révélé une augmentation des cas confirmés, passant de 60% en 2021 à 70,6% en 2023. Conclusion. Notre étude révèle l'ampleur persistante de la rage canine à Bangui, avec une incidence élevée de morsures chez les enfants et adolescents. La proportion significative de chiens errants et l'augmentation des cas confirmés soulignent l'urgence de renforcer les stratégies de contrôle intégrant la vaccination canine massive, la gestion des populations canines errantes et la sensibilisation communautaire ciblée. ABSTRACT Introduction. Rabies remains a formidable endemic zoonosis in the Central African Republic, posing a persistent threat to human and animal health. Despite its severity, updated epidemiological data on canine rabies in the capital Bangui are lacking to effectively guide control strategies. This study aimed to describe the epidemiological profile of canine rabies across different districts of Bangui between 2021 and 2023. Material and methods. We conducted a retrospective analysis of records of canine rabies cases and animal bite incidents reported to the Bangui veterinary clinic over a three-year period. Demographic data, geographical distribution, and vaccination status of dogs were systematically analyzed, with laboratory confirmation by the Institut Pasteur of Bangui. Results. The study documented 3,746 human bite victims and 3,064 biting dogs, of which 20.8% were stray dogs. Among the followed-up biting dogs, 2,430 (79.2%) were placed under observation, with a vaccination rate of 63.8%. The laboratory confirmed 26 rabies cases out of 40 tested samples (65%). Young people aged 10-19 years represented the most affected age group (28.0%), followed by the 0-9 age group (25.3%). The 4th district recorded the highest bite rate (19.6%), followed by the 8th district (16.5%). Temporal analysis revealed an increase in confirmed cases, from 60% in 2021 to 70.6% in 2023. Conclusion. Our study reveals the persistent scale of canine rabies in Bangui, with a high incidence of bites among children and adolescents. The significant proportion of stray dogs and the increase in confirmed cases underscore the urgency of strengthening control strategies integrating mass dog vaccination, management of stray dog populations, and targeted community awareness.