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Le plan de gestion des données (PGD) s'est imposé en quelques années comme un élément structurant du paysage de la recherche française et européenne. Exigé par l'Agence nationale de la recherche depuis 2019 et obligatoire par défaut pour Horizon Europe depuis 2016, il constitue aujourd'hui un instrument central de la gestion responsable et ouverte des données, essentielle à la qualité et à la reproductibilité de la recherche. Le PGD répond à une double ambition : garantir la rigueur scientifique tout en favorisant le partage des données selon les principes FAIR. Pour autant, l’appropriation effective du PGD par les communautés scientifiques demeure limitée. Des enquêtes récentes mettent en évidence une méconnaissance persistante du PGD, ainsi que l’existence de freins récurrents (manque de temps, charge de travail supplémentaire, inquiétudes liées à la réutilisation des données ou déficit de compétences dédiées…). Dans ce contexte, le PGD est encore fréquemment envisagé comme une obligation réglementaire davantage que comme un outil au service de la conduite scientifique. Ce décalage entre exigences institutionnelles et usages effectifs se traduit par une perception dominante du PGD comme contrainte administrative, produit pour satisfaire à une obligation réglementaire plutôt que pour accompagner le processus scientifique. Il en résulte des pratiques hétérogènes, des modèles et outils fragmentés, ainsi que des coûts de production et de mise à jour difficiles à rationaliser. Il interroge plus largement la capacité du PGD à s’inscrire durablement dans les pratiques de recherche et à produire une réelle valeur ajoutée pour les équipes. La problématique centrale devient alors la suivante : comment concevoir et déployer des PGD qui, tout en répondant aux exigences des financeurs et aux principes FAIR, constituent des outils opérationnels, durables et utiles pour les équipes de recherche, contribuant à réduire la charge administrative, à améliorer la qualité des données et à renforcer l’interopérabilité au sein de l’écosystème de la recherche ? Face à ces constats, l’évolution vers des PGD interopérables et machine actionable ouvre de nouvelles perspectives. En facilitant l’automatisation de certaines tâches, l’intégration aux systèmes d’information existants et la circulation des métadonnées, ces approches permettent d’envisager le PGD comme un véritable outil d’aide à la décision, d’anticipation stratégique et d’optimisation des pratiques de recherche. Le présent document s'articule autour de trois parties principales : • Pourquoi adopter un plan de gestion des données ? Cette partie présente les bénéfices concrets pour les équipes de recherche : amélioration de la qualité scientifique, facilitation des collaborations et anticipation stratégique des besoins. • Recommandations pour l'élaboration de plans de gestion des données : Les recommandations sont structurées selon trois niveaux d'action : le PGD de projet, le PGD de structure ou de plateforme, et la gestion des données à l'échelle institutionnelle. • Annexes : Des scénarios prospectifs illustrant l'usage des PGD dans divers contextes disciplinaires ont été élaborés en complément et sont présentés dans un document distinct.
DOI: 10.52949/91