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Les subéraies Algériennes, et notamment celle de Zouagha située dans le Nord-est du pays, connaissent depuis plusieurs décennies un dépérissement inquiétant sous l’effet combiné des changements climatiques et des pressions anthropiques croissantes. Cette étude a pour objectif d’évaluer l’état de vitalité et les dynamiques structurelles, physiologiques et reproductives des peuplements de Quercus suber L. dans la subéraie de Zouagha, en mobilisant une approche intégrée et multicritère. Vingt placettes de (30 × 30 m) ont été installées selon un dispositif d’échantillonnage aléatoire stratifié selon différents niveaux d’altitude et d’exposition, afin de permettre une représentation équilibrée des conditions écologiques. Les protocoles ARCHI, DEPEFEU et ICP Forests ont permis de caractériser l’architecture, la défoliation, la fructification et l’état sanitaire des houppiers, complétés par des mesures dendrométriques (hauteur, diamètre, surface terrière, volume) pour estimer la structure et la productivité des peuplements. Les résultats montrent une forte hétérogénéité le long du gradient altitudinale. Les peuplements de basse altitude et exposés au sud, soumis à un stress hydrique et thermique accentué et à une pression anthropique élevée (pâturage, coupes illicites, incendies), présentent les taux de dépérissement les plus élevés (ID = 1,70 %) et une fructification limitée. À l’inverse, les peuplements de haute altitude (>1250 m) et à exposition Nord se distinguent par une meilleure vigueur, une défoliation réduite et une productivité accrue, traduisant une résilience écologique supérieure. De plus, le test statistique de clustering (K-means) a mis en évidence une segmentation nette du massif forestier en deux groupements écologiques distincts, structurés principalement par l’altitude et l’exposition. En conclusion, le gradient altitudinal et les conditions stationnelles apparaissent comme les principaux déterminants de la vitalité des subéraies de Zouagha. Ces résultats soulignent la nécessité d’une gestion forestière différenciée, adaptée aux contraintes locales, intégrant la réduction des pressions anthropiques et la restauration des sols. À plus long terme, le développement d’un suivi éco-physiologique et génétique permettra d’affiner le diagnostic du dépérissement et de renforcer la résilience et la durabilité des subéraies face aux changements climatiques.