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La majorité des récidives après œsophagectomie surviennent dans les deux premières années. En France, la surveillance postopératoire est habituellement conduite pendant cinq ans. Cependant, des rechutes plus tardives ont été rapportées, soulevant la question de la pertinence d’un suivi prolongé. Une étude rétrospective bicentrique a été menée au CHU de Lille et à l’hôpital Saint-Antoine. Ont été inclus les patients opérés d’un cancer de l’œsophage à visée curative entre 2009 et 2015, vivants et indemnes de récidive à cinq ans. Les récidives tardives (≥ 5 ans) et les seconds cancers primitifs ont été recensés et leurs facteurs associés analysés. Parmi 664 patients opérés, 229 remplissaient les critères d’inclusion. Douze patients (5,2 %) ont présenté une récidive tardive, dont 50 % métastatiques, survenant jusqu’à 107 mois après la chirurgie. En analyse multivariée, cinq variables étaient indépendamment associées à une diminution de la survie sans récidive : le sexe masculin (OR = 6,09 ; p = 0,001), les antécédents néoplasiques (OR = 2,28 ; p = 0,048), la radiochimiothérapie néoadjuvante (OR = 3,18 ; p = 0,002), le carcinome épidermoïde (OR = 2,22 ; p = 0,022) et les marges de résection non saines (OR = 56,32 ; p = 0,001). Seize patients (6,9 %) ont développé un second cancer primitif, principalement ORL ou pulmonaire. La radiochimiothérapie néoadjuvante était associée à un risque accru de seconde localisation (OR = 2,64 ; p = 0,011). Un risque évolutif persiste au-delà de cinq ans après œsophagectomie curative, sous forme de récidives tardives (5 %) et de seconds cancers primitifs (6,9 %). Ces résultats remettent en question l’arrêt systématique du suivi à cinq ans et plaident pour une surveillance prolongée et individualisée. Most recurrences after oesophagectomy occur within the first two years. In France, postoperative surveillance is usually conducted for five years. However, later relapses have been reported, raising the question of the relevance of prolonged follow-up. A bicentric retrospective study was conducted at Lille University Hospital and Saint-Antoine Hospital. Patients who underwent curative-intent oesophagectomy between 2009 and 2015, who were alive and disease-free at five years, were included. Late recurrences (≥ 5 years) and second primary cancers were recorded and associated factors were analysed. Among 664 operated patients, 229 met inclusion criteria. Twelve patients (5.2%) experienced a late recurrence, 50% of which were metastatic, occurring up to 107 months after surgery. In multivariate analysis, five variables were independently associated with decreased recurrence-free survival: male sex (OR = 6.09; P = 0.001), history of malignancy (OR = 2.28; P = 0.048), neoadjuvant chemoradiotherapy (OR = 3.18; P = 0.002), squamous cell carcinoma (OR = 2.22; P = 0.022), and positive resection margins (OR = 56.32; P = 0.001). Sixteen patients (6.9%) developed a second primary cancer, mainly head and neck or lung. Neoadjuvant chemoradiotherapy was associated with an increased risk of second primary malignancy (OR = 2.64; P = 0.011). A residual risk of disease progression persists beyond five years after curative oesophagectomy, in the form of late recurrences (5%) and second primary cancers (6.9%). These findings challenge the systematic discontinuation of follow-up at five years and support a prolonged and individualized surveillance strategy.