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Ce rapport présente les résultats principaux d'une évaluation d’impact basée sur un essai randomisé contrôlé portant sur la diffusion d'une vidéo documentaire conçue pour sensibiliser les bénéficiaires de microfinance à la violence conjugale. L’intervention a impliqué 2 929 participants répartis entre sept agences de microfinance à Antsirabe (Madagascar). Une enquête finale a été menée en mai-juin 2024 auprès de 2.414 individus, interrogés 5 à 12 mois après l'intervention. Les résultats révèlent des effets différenciés selon le genre. Chez les femmes, l'intervention a amélioré leur capacité à identifier la violence sexuelle (+13%), la violence psychologique (+6%) ainsi que leur connaissance des recours possibles (+17%) en particulier leur reconnaissance de l'institution de microfinance comme ressource d’aide (+ 130%). Elles recommandent davantage le dépôt de plainte à la police (+18%), et sont plus enclines à signaler dès les premiers actes de violence: première insulte (+13%), première extorsion d'argent (+10%), première gifle (+8%) ou premier rapport sexuel forcé (+8%). Chez les hommes, l’intervention a principalement amélioré leur capacité à identifier la violence économique (+24%) et augmenté la propension à signaler dès le 1er acte de violence sexuelle (+11%). L'intervention a néanmoins significativement diminué les violences physiques perpétrées par les hommes (-36%), sans affecter les déclarations d'autres formes de violence. Ces résultats suggèrent que des interventions de sensibilisation ciblées, peu coûteuses et intégrées dans des structures existantes peuvent avoir un impact significatif sur la lutte contre les violences conjugales, en diminuant les violences physiques et en améliorant la protection des victimes. Cinq recommandations principales émergent de ce rapport : (1) la formation continue des animatrices sociales, dont le rôle central repose sur des compétences relationnelles, juridiques et psychosociales solides ; (2) un accompagnement psychologique régulier pour ces intervenantes, souvent elles-mêmes victimes de violences, afin de prévenir l’épuisement émotionnel; (3) le renforcement des partenariats institutionnels et communautaires, condition essentielle pour faciliter les signalements et améliorer l’accès à la justice ; (4) l’adaptation contextuelle et thématique des outils de sensibilisation, notamment la vidéo, afin de mieux atteindre les femmes encore engagées dans le cycle de la violence ; et (5) la pérennisation du dispositif via son intégration dans les pratiques des institutions de microfinance, accompagnée d’un financement stable pour l’encadrement psychologique et les aides d’urgence. Ce modèle fondé sur les réseaux de confiance existants et le renforcement des capacités locales constitue une stratégie prometteuse et transférable pour d’autres contextes à ressources limitées.