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<div> Depuis plus d'une décennie, les documents de politique européenne sont saturés de références à la "souveraineté technologique", à "l'autonomie stratégique" et au retour de l'Europe dans la microélectronique. Des initiatives telles que l'European Chips Act ou l'European Processor Initiative promettent explicitement de restaurer le contrôle européen sur des technologies critiques des semi-conducteurs. Pourtant, lorsqu'on dépasse la rhétorique et que l'on regarde les chiffres, une tout autre histoire apparaît : l'Europe est devenue structurellement dépendante d'autres régions pour les briques les plus fondamentales de son infrastructure numérique. Cet article soutient que, plutôt que de prétendre que nous sommes sur le point de regagner une pleine souveraineté électronique, nous devrions accepter lucidement que l'Europe est déjà passée d'une position de souverain (partiel) à celle de sujet dans l'ordre mondial des semi-conducteurs. À partir de ce constat, nous pouvons poser des questions plus productives : quels risques sont réellement intolérables, dans quels domaines la souveraineté reste-t-elle essentielle, et comment l'Europe pourrait-elle se repositionner comme référence mondiale en matière de vérification, de certification et de contrôle -même dans un monde où la plupart des puces sont fabriquées ailleurs. </div>