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Dans le cadre du projet « Sauvons la forêt de Chantilly » portant sur les causes et les solutions à apporter au problème de dépérissement de la forêt de Chantilly, l’étude réalisée ici vise à analyser l’état du microbiote des sols et des arbres de la forêt de Chantilly. Le microbiote est un acteur clé du fonctionnement des écosystèmes forestiers en contribuant à la nutrition hydrominérale des arbres et au recyclage de la matière organique. Cependant, le microbiote peut aussi être source de maladies et de dépérissement lorsque des agents pathogènes se développent de manière épidémique. Dans ce contexte, il semble crucial, pour comprendre le phénomène de dépérissement en cours dans la forêt de Chantilly, d’établir une étude approfondie du microbiote de la forêt de Chantilly. Pour ce faire, deux séries d’échantillonnages ont été réalisées en 2022 et 2023 : l’une visant à réaliser un diagnostic intensif du microbiote du sol sur les 60 placettes-laboratoires pour avoir un état des lieux de « l’état de santé » du microbiote du sol (2023), l’autre visant à comparer les microbiotes des arbres sains à ceux des arbres en dépérissement pour identifier les microbiotes bénéfiques et d’éventuels bioindicateurs de ce dépérissement (2022). Les résultats suggèrent que le microbiote de la forêt de Chantilly est riche et diversifié aussi bien pour les champignons que les bactéries et ne présente pas de dysbiose majeure. En effet, la proportion d’agents pathogènes est faible. Toutefois, il existe une nette diminution du taux de champignons symbiotiques impliqués dans la nutrition des arbres dans les placettes en dépérissement tandis que les champignons opportunistes susceptibles d’induire des maladies lorsque les arbres sont affaiblis sontplus présents dans les sols des placettes en dépérissement. Cet effet est plus marqué sur certains types de sols, suggérant que le microbiote de certaines parcelles pourrait être plus sensible au phénomène de dépérissement et nécessiter une gestion sylvicole adaptée liée au type de sol. Enfin, les modifications de la composition des communautés liées au dépérissement semblent avoir peu d’effet à ce stade sur les activités de dégradation de la matière organique. Ainsi, le microbiote n’est donc très probablement pas responsable directement du dépérissement observé en forêt de Chantilly mais certains membres du microbiote pourraientcontribuer à l’affaiblissement des arbres, même si ce processus n’est probablement pas majeur.