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Cette étude examine comment le Lean Management constitue un levier stratégique de réduction des risques opérationnels dans les organisations industrielles. Face à l'instabilité croissante des processus, aux défauts qualité et aux pressions concurrentielles mondiales, la recherche vise à analyser et à modéliser les mécanismes par lesquels les pratiques Lean, articulées à la stabilité des processus, à la standardisation, à l'alignement socio-technique et aux référentiels ISO 31000, permettent aux entreprises industrielles de maîtriser leurs vulnérabilités opérationnelles et de renforcer leur résilience organisationnelle. En mobilisant la Resource-Based View (RBV), la théorie des systèmes socio-techniques et le référentiel ISO 31000, un modèle conceptuel intégré est proposé, articulant cinq construits latents : pratiques Lean, stabilité des processus, standardisation, alignement socio-technique et gestion des risques. Une démarche hypothético-déductive est adoptée, s'appuyant sur une analyse quantitative par modélisation par équations structurelles en moindres carrés partiels (PLS-SEM), particulièrement adaptée aux modèles complexes à construits réflexifs. Les données sont issues d'un questionnaire structuré administré auprès de 250 entreprises industrielles marocaines, principalement du secteur textile exportateur, avec un taux de réponse exploitable de 64 %. Les construits sont opérationnalisés par des échelles de Likert à 5 points, ancrées dans des instruments scientifiquement validés. Les résultats révèlent que les pratiques Lean exercent un effet direct et significatif sur la stabilité des processus (β = 0,58 ; p < 0,001), qui joue un rôle médiateur central dans la réduction des risques opérationnels (β = −0,62 ; p < 0,001). L'effet indirect Lean → Stabilité → Risques est substantiel (β indirect = −0,36 ; p < 0,001), tandis que l'effet direct Lean → Risques s'avère non significatif (p = 0,090), confirmant une médiation forte. La standardisation (β = −0,25 ; p < 0,001) et l'intégration des principes ISO 31000 (β = −0,18 ; p = 0,004) contribuent également significativement à la réduction des risques. L'alignement socio-technique favorise l'adoption des pratiques Lean (β = 0,47 ; p < 0,001). Le modèle explique 60 % de la variance des risques opérationnels (R² = 0,60). Sur le plan théorique, cette recherche contribue à la littérature en proposant un modèle intégrateur inédit articulant Lean Management et Risk Management, deux champs historiquement séparés, en mobilisant conjointement la RBV, la théorie socio-technique et ISO 31000. Elle apporte des preuves empiriques solides concernant le rôle médiateur de la stabilité des processus. Sur le plan managérial, les résultats offrent aux dirigeants et responsables opérationnels un cadre actionnable pour piloter la résilience organisationnelle via un déploiement Lean structuré et intégré.