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Introduction : La fibrillation atriale (FA) constitue le trouble du rythme cardiaque le plus fréquent chez la personne âgée. Elle se caractérise par sa gravité liée à ses complications notamment thrombo-emboliques pouvant engager le pronostic vital. L’objectif de notre étude était de décrire les particularités de la fibrillation atriale chez les patients âgés hospitalisés en milieu gériatrique. Méthodologie : Il s’agissait d’une étude rétrospective, descriptive sur une période de 3 ans (2020-2023) menée sur une population de personnes âgées de 65 ans et plus hospitalisées au service de gériatrie du Centre Hospitalier National Universitaire de FANN. Etaient inclus tous les dossiers de patients présentant une fibrillation atriale. Résultats : Sur 738 patients hospitalisés, 51 présentaient une fibrillation atriale, soit une prévalence hospitalière de 6,9%. L’âge moyen des patients était de 79 ans ±3 (extrêmes 65 et 100 ans). Une prédominance féminine (69%) était retrouvée (sex-ratio 0,4). Les principales comorbidités étaient l’hypertension artérielle 69%, les cardiopathies 41 % et le diabète 33%. Les syndromes gériatriques les plus fréquemment retrouvés étaient la fragilité 33% des patients, la perte d’autonomie fonctionnelle 23% et la dénutrition 23 %. Chez 37% des patients la FA était connue de longue date et chez 31% elle était paroxystique. A l’electrocardiogramme, la FA était rapide chez 57% des patients et à petite maille chez 77%. L’étiologie était principalement cardiaque (92%), dominée par les cardiomyopathies hypertensive (51%) et mixte ( 20%). Sur le plan thérapeutique l’évaluation des risques thrombo-emboliques retrouvait un risque thrombogène élevé chez 96% des patients alors que seuls 72% étaient sous traitement anticoagulant dont 62% sous anticoagulant direct. Vingt-deux pour cent (22%) des patients était sous aspirine et 6% n’avaient aucun traitement. Le risque hémorragique était très élevé chez 78% des patients. Concernant le contrôle du rythme cardique, 62% étaient sous bêtabloquant, 20% sous digoxine et 12% sous antiarythmique de classe III. L’accident vasculaire cérébral ischémique était la complication la plus fréquente (53%) des patients. Une létalité de 5,9 % était retrouvée. Conclusion : La fibrillation atriale reste une pathologie sous diagnostiquée et grave chez la personne âgée. Les directives devraient être plus axées sur le respect des recommandations thérapeutiques chez les praticiens. Mots-clés : Fibrillation atriale, Personnes âgées, Dakar-Sénégal.
Published in: Journal of African clinical cases and reviews.
Volume 10, Issue 1, pp. 83-96