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Le Burundi est un pays très peuplé, avec des densités rurales extrêmes atteignant mille habitants au kilomètre carré (1000 hab./km2). Ainsi, l’incapacité de l’agriculture paysanne de nourrir la population contraint les jeunes à chercher des stratégies de survie, notamment par des mobilités rurales-urbaines. Le présent article analyse ces mobilités à travers les taxis-motos exerçant dans le quartier de Kamenge. Notre objectif est de montrer en quoi l’exode rural participe à la régulation des déséquilibres socio-économiques entre ville et campagne. L’étude repose sur une enquête qualitative menée auprès de 50 taxis-motos à l’aide des guides d’entretiens semi-directifs, des observations directes non participatives. Les résultats montrent que ces taxis-motos sont des hommes (100% masculins) et travaillent dans conditions particulièrement difficiles caractérisées un travail dur et pénible, l’absence de protection sociale et des revenus trop faibles ne permettant pas une intégration urbaine durable. Les revenus tirés de ce métier (à peu près 25 USD) jouent un rôle déterminant dans la survie des ménages ruraux à travers les transferts monétaires. Ces mobilités apparaissent ainsi comme un mécanisme d’ajustement socio-économique contribuant au désengorgement des campagnes et au maintien d’une agriculture de subsistance. Toutefois, cette mobilité engendre des effets sociaux ambivalents, notamment le célibat géographique et une intégration urbaine inachevée. Les taxi-motos restent pris dans un entre-deux spatial et social, oscillant entre ville et campagne et finissent par retourner définitivement au village. Ainsi, l’étude met en évidence les limites structurelles de l’urbanisation comme solution durable aux crises rurales burundaises, tout en soulignant le rôle central des mobilités dans l’équilibre ville-campagne. Burundi is a densely populated country, with extremely high rural population densities reaching 1,000 inhabitants per square kilometre (1,000 inhabitants/km²). Consequently, the inability of small-scale farming to feed the population forces young people to seek ways to survive, notably through rural-urban migration. This article analyses this migration through the lens of motorbike taxis operating in the Kamenge district. Our aim is to demonstrate how rural exodus contributes to regulating socio-economic imbalances between town and country. The study is based on a qualitative survey of 50 motorbike taxi drivers using semi-structured interview guides and non-participatory direct observation. The results show that these motorcycle taxi drivers are men (100% male) and work in particularly difficult conditions characterised by hard and arduous labour, a lack of social protection, and incomes that are too low to allow for sustainable urban integration. Income from this occupation (approximately USD 25) plays a decisive role in the survival of rural households through remittances. This mobility thus appears as a socio-economic adjustment mechanism contributing to the depopulation of rural areas and the maintenance of subsistence agriculture. However, this mobility generates ambivalent social effects, notably geographical celibacy and incomplete urban integration. Motorcycle taxis remain caught in a spatial and social limbo, oscillating between town and countryside, and eventually return permanently to the village. Thus, the study highlights the structural limitations of urbanisation as a sustainable solution to Burundi’s rural crises, whilst emphasising the central role of mobility in the town-countryside balance.
Published in: European Scientific Journal ESJ
Volume 22, Issue 8, pp. 119-119