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La réflexion philosophique contemporaine sur l’érotisme s’est largement émancipée de sa seule définition physiologique pour embrasser sa dimension existentielle, le définissant comme le désir fondamental de vie, de perpétuation et de transcendance face à la finitude. Ce concept clé, hérité de l’Éros platonicien, est la pulsion qui pousse à la création et à l’affirmation du continuum de l’être contre la discontinuité de la mort. D’un point de vue historique, l’érotisme a toujours été un champ de bataille entre l’affirmation individuelle et la régulation sociale. Avec le temps, il se trouve confronté à des crises d’une ampleur inédite comme la catastrophe écologique, qui menace l’existence même. Dans ce contexte, le roman de Mbue, How Beautiful We Were (2021), sert de laboratoire à cette interrogation. Cette œuvre met en scène la communauté de Kosawa, dont la survie est compromise par l’exploitation néocoloniale et la pollution de l’entreprise Pexton, imposant une finitude artificielle et injuste (la mort prématurée, la stérilité). L’on peut donc affirmer que la destruction du milieu de vie par la violence néocoloniale met à l’épreuve l’Éros existentiel de la communauté de Kosawa, obligeant ses membres à réinventer les modalités de leur désir de survie. Au regard de cette réalité, la question qui émerge, est : Dans How Beautiful We Were, comment l’érotisme (le désir de vie et d’intimité) fonctionne-t-il comme une force transgressive et une affirmation de la vitalité face à la menace de l’extinction, révélant par là même les mécanismes d’oppression ? Pour répondre à cette interrogation, la présente étude se propose d’analyser la manière dont Mbue utilise le désir et l’intimité pour exposer la résilience ontologique des personnages et pour critiquer les systèmes de domination. Quant à la méthode, cette investigation analytique est menée selon l’approche thématique-existentielle. Celle-ci mobilise les concepts d’Éros, de pouvoir et de transgression pour décoder les figures du désir face à la finitude ; sa pertinence ici réside dans sa capacité à éclairer les indices textuels discrets (choix de Thula, relations privées) comme des actes philosophiques de résistance qui dépassent la simple description narrative. Toutefois, ses limites tiennent à la nature souvent implicite de l’érotisme dans un texte centré sur la politique ; ceci nécessite une interprétation rigoureuse pour éviter la sur-interprétation. Ainsi, pour mener à bien cette investigation analytique, deux axes seront examinés : « Affirmation de la vitalité et phénoménologie de la résistance » et « De la vitalité à la transgression existentielle ». Contemporary philosophical reflection on eroticism has largely moved beyond its sole physiological definition to embrace its existential dimension, defining it as the fundamental desire for life, perpetuation, and transcendence in the face of finitude. This key concept, inherited from Platonic Eros, is the drive that pushes towards the creation and affirmation of the continuum of being against the discontinuity of death. Historically, eroticism has always been a battlefield between individual affirmation and social regulation. With time, it faces crises of unprecedented magnitude as an ecological catastrophe, which threatens existence itself. In this context, Mbue’s novel, How Beautiful We Were (2021), serves as a laboratory for this inquiry. This work depicts the community of Kosawa, whose survival is compromised by neocolonial exploitation and pollution from the Pexton company, imposing an artificial and unjust finitude (premature death, sterility). One can therefore assert that the destruction of the living environment through neocolonial violence tests the existential Eros of the Kosawa community, forcing its members to reinvent the modalities of their desire for survival. In light of that reality, the interrogation that emerges is: In How Beautiful We Were, how does eroticism (desire for life and intimacy) function as a transgressive force and an affirmation of vitality in the face of the threat of extinction, thereby revealing the mechanisms of oppression? To answer this question, the present study proposes to analyze the way Mbue uses desire and intimacy to expose the characters’ ontological resilience and to critique systems of domination. As to the method, the analysis is conducted according to the thematic-existential approach. This mobilizes the concepts of Eros, power, and transgression to decode the figures of desire in the face of finitude; its relevance lies in its capacity to illuminate discrete textual clues (Thula’s choice, private relationships) as philosophical acts of resistance, moving beyond simple narrative description. However, its limitations stem from the often implicit nature of eroticism in a text focused on politics; this requires rigorous interpretation to avoid over-interpretation. Thus, to carry out this exegesis, two axes will be examined: „Affirmation of vitality and phenomenology of resistance“ and „From vitality to existential transgression“.
Published in: European Scientific Journal ESJ
Volume 22, Issue 8, pp. 57-57